• Claudine Quéré

HIANDJING PAGOU-BANEHOTE, SCULPTEUR



SCULPTEUR, NOUVELLE-CALEDONIE - SYMPOSIUM TRONCONNEUSE, FOUSSAIS-PAYRE


Biographie. Artiste originaire de Hienghène, province Nord, Nouvelle-Calédonie.


Infatigable raconteur, passeur de son histoire, Hiandjing Pagou-Banehote puise à la source de ses souvenirs de jeunesse pour les réinterpréter dans de nouveaux contextes. “La tradition c’est la base d’une éducation à la maison qui te permet de comprendre l’histoire et les coutumes et d’avancer sur le chemin de la vie. Il nous faut nous souvenir que nos traditions viennent des sources et des lacs de nos vieux...”. Son existence, une performance nomade, convoque à la fois sculpture sur bois, sur pierre, mais aussi théâtre, gravure, conte…


Avec humour et simplicité, le natif de la tribu montagnarde de Tendo à Hienghène, semble dopé à l’élixir artistique, celui capable d’abolir les frontières géographiques, culturelles ou temporelles. Élevé en partie par ses grands-parents, Hiandjing Pagou-Banehote a pourtant très jeune quitté les rivages du nord de la Grande-Terre. Pris dans le tumulte des “Événements” secouant sa région à l’époque, le jeune homme est contraint, en 1987, à l’âge de 22 ans, de s’exiler pour s’engager à l’armée. S’ensuivront des années d’expériences initiatiques, d’abord sur quelques-uns des théâtres d’intervention de l’armée française en Afrique et Moyen-Orient, puis, de retour à la “vie civile”, avec des petits boulots qui le mèneront aux quatre coins de l’Hexagone puis l’ouverture d’une galerie à Montpellier.


En 1999 l’artiste (r)éveille la vocation enfouie en lui, et s’adonne pour la première fois à la sculpture. Un art brut. Répétant les gestes des vieux sur les essences de bois européens, s’enrichissant au long cours de techniques et d’outils découverts au gré des rencontres et des résidences, "le sculpteur tribal Kanak” comme il aime à se présenter, étoffe peu à peu sa palette et s’affirme comme porte-parole de sa culture traditionnelle et ancestrale partout où il officie – en français comme en nemi, sa langue maternelle. Une racine jamais abandonnée. “Avant l’œuvre, il y a l’homme”, explique-t-il. “Il faut penser d’abord à la culture avant de vouloir donner une valeur à l’objet. Si les gens s’intéressent seulement à l’objet, il devient “paillette”. S'ils s’intéressent à l’homme, alors il devient intéressant”.


À partir de 2008, il participe à de nombreux événements, en métropole comme en outre-mer : résidences à Mayotte, en Charente-Maritime, en Savoie, en Guyane au milieu de la forêt amazonienne, à Martigues. Il s’essaie ensuite à la pierre, qu’elle soit d’origine calcaire (dans la carrière-galerie à ciel ouvert des Lapidiales, à Port d’Envaux, 2013) ou granitique (lors de la biennale de Marc-La-Tour, 2015). En 2018 c’est au Burkina-Faso qu’il s’initie au travail du bronze auprès de maîtres bronziers. Il affectionne aussi les performances à la tronçonneuse, offrant au public la spectaculaire perspective d’une œuvre sortie du bois en direct. Le voyage d’une lignée qu’il aime à raconter, transmettre. “On a tous un lien quelque part, avec quelqu’un, avec quelque chose. De ces liens qui nous attachent, qui nous unissent, nous comprenons ce que nous sommes et d’où l’on vient. Si vous y prêtez une attention particulière, vous verrez que les nœuds qui font des liens, sont tous différents. Chaque nœud est représentatif...”.


Ce qui frappe lorsqu’on suit la trajectoire de l’artiste autodidacte, aujourd’hui basé dans le Périgord, c’est cette capacité toujours renouvelée et réaffirmée de concilier “nature” et “culture”. Symposium de sculpture à Réalmont dans la région Toulousaine, exposition au Château d’Oléron, hommage au peuple Sépik de Papouasie-Nouvelle-Guinée et performance à la tronçonneuse à Foussais-Payré... Les projets s’insèrent de plus en plus dans l’espace public ou au grand air, mêlant présences totémiques, visages énigmatiques ou références à la flèche faîtière… Et en même temps, ils incluent des éléments culturels rappelant la tradition des peuples rencontrés (celtes, mossis, polynésiens...).


Inspiré par ses rêves qui le ramènent souvent aux paysages et aux ambiances de l’enfance, Hiandjing Pagou-Banehote exprime à travers sa pratique une subtile alliance entre symbolique et narratif. Une force expressive qui lui permet d’enrichir constamment sa vision du monde, tout en affirmant la puissance de son origine. De quoi peut-être faire sienne une réflexion énoncée par feu Jean-Marie Tjibaou, lui aussi natif de Hienghène : « Le retour à la tradition est un mythe [...]. La recherche d'identité, le modèle [...] est devant soi, jamais en arrière. C'est une reformulation permanente. »


EXPOSITIONS


2020

  • Création de la boutique en ligne "Hiandjing sculpteur kanak shop"


2019

  • Performance Art Tribut, Gestel, Morbihan

  • Exposition Galerie l’Escale, Château D’Oléron, Charente-Maritime

  • Performance “Doki”, Réalmont, Tarn

2018

  • Résidence d’artiste et performance, Laongo, Burkina-Faso

  • Performance à la tronçonneuse, Foussais-Payré, Vendée

  • Résidence d’artiste et ateliers, spectacle et exposition, Martigues, Bouches-du-Rhône

2017

  • Résidence d’artiste et performance, Forest Art, Guyane

  • Performance à la tronçonneuse, Foussais-Payré, Vendée

  • Exposition d’art, Périgueux, Périgord

2016

  • Exposition “Terre d’Océanie”, Maison de L’Océanie, Paris

  • Atelier scolaire, lycée agricole, Précieux, Loire

  • Performance, salon du tatouage Tahitien, Biscarosse, Landes

  • Performance à la tronçonneuse, Foussais Payré, Vendée

  • Performance au Festival des Houpettes, Excidieul, Dordogne

2015

  • Résidence et performance d’artiste, Motte-Servolex, Savoie

  • Printemps des artistes des rues, Aix les Bains, Savoie

  • Performance Hôtel Ombremont “Bateau Ivre”, “Les chemins du lac au lagon et du lagon au lac”, Savoie

  • Exposition “Wagni” : “Ces Liens qui Nous Unissent”, Maison de la Nouvelle-Calédonie, Paris

  • Exposition “Wagni”, anniversaire des 20 ans de l’AKAB, Bordeaux

  • Exposition “Wagni”, Musée du Cloître, Tulle, Corrèze

2014

  • Exposition avec Cédric Hennion et Philipe Simon, Saint Savinien, Charente-Maritime

  • Exposition Wagni avec Cédric Hennion, Festival de Rochefort Pacifique, Charente-Maritime

  • Exposition avec Cédric Hennion dans les jardins de Périgueux, Périgord

  • Festival de pirates au Tréport, Seine-Maritime

  • Festival du film West-Papua à Douarnenez, Finistère, Bretagne

2013

  • Performance live “Plaisir”, Festival des Escales d’Ailleurs

  • Festival de Beaucaire, Gard

  • Résidences d’artiste aux Lapidiales, sculpture de deux mégalithes

  • Exposition Thiendout, Maison de la Nouvelle-Calédonie, Paris

  • Double performance live au festival de la FIFIG, Îlle de Groix, Morbihan

  • Exposition “Dynamiques Océaniennes, vivre la tradition dans le Pacifique français”, Musée Segalen, Bordeaux

  • Exposition aux journées de l’Echo de l’Océanie par l’association SIAPO, Paris.

2011

  • Exposition Brassage à la Cité des Arts, Paris

2010

  • Performance live Festival Rochefort Pacifique à l’ancienne école de médecine, Charente-Maritime

2009

  • Résidence d’artiste avec l’artiste Jan Papajan, Mayotte

  • Exposition Brassage, Mairie de Paris

2008

  • Gilbert Tein le nomme “Gardien des totems des aires linguistiques de la Maison de la Nouvelle-Calédonie”, Paris

  • Exposition “Nouvelle-Calédonie : Terre de corail”, Aquarium du Musée de la Porte Dorée, Paris

  • Exposition, Mayotte

  • Biennale de sculpteur, Mozambique

2000

  • Présidence de l’Association PacifiKart - qui valorisait les artistes océaniens en les exposant dans la galerie d’art de l’association “EIKA”, quartier historique de Montpellier, Hérault

  • Organisations de festivals dans le Lot et Garonne par Pacifikart et communes.



Article @ Sylvain Derne, collaboration Umami Culture Pacifique

Photographies et Sources @ Hiandjing Pagou-Banehote

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